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Les traitements conventionnels dans le cancer du sein

Dans les cancers du sein, les traitements tiennent compte du type histologique et du stade du cancer, ainsi que de la situation de la femme. Ainsi :

  • En cas de cancer de petite taille, la chirurgie est privilégiée. Elle consiste à enlever la tumeur seule (tumorectomie) et à effectuer un curage ganglionnaire en utilisant éventuellement la technique du « ganglion sentinelle ».
    Cette technique consiste à injecter dans la région du cancer un marqueur. Ce dernier passe par voie lymphatique jusqu’au ganglion qui draine la tumeur. Le ganglion est alors enlevé chirurgicalement et examiné au microscope. S’il est sain, on en reste là ; Par contre, s’il présente des cellules cancéreuses, le chirurgien procède à l’exérèse de la chaîne ganglionnaire correspondante.
  • Si la tumeur est importante ou si elle est inflammatoire ou encore évolutive, une chimiothérapie préalable (chimiothérapie néo-adjuvante) est réalisée afin d’en réduire la taille et d’arrêter l’inflammation. Ensuite, une chirurgie est organisée, son étendue sera adaptée à la taille du reliquat tumoral : tumorectomie, quadrantectomie (ablation d’une partie du sein, un quadrant), mastectomie (ablation de l’ensemble du sein). Le curage ganglionnaire est systématique à ce stade…
  • Les traitements hormonaux sont indiqués principalement aux femmes âgées ayant des récepteurs hormonaux positifs. Ces traitements consistent à bloquer les hormones sexuelles naturelles risquant de stimuler la formation cancéreuse. Il en existe plusieurs catégories : les anti LH-RH qui bloquent les ovaires, les anti-oestrogènes comme le Tamoxifène et maintenant les anti-aromatase comme l’Arimidex ou le Fémara.
    Les blocages hormonaux complets (anti LH-RH associés aux anti-oestrogènes) sont indiqués dans des cas avancés avec des récepteurs hormonaux positifs.
    Les anti-oestrogènes (Tamoxifène) ou les anti-aromatases sont indiquées à la suite de la chirurgie et des autres traitements. Ils sont à suivre pendant 5 ans (minimum). Ils ont démontré leur efficacité sur la prévention des récidives.
  • En cas de récepteurs hormonaux négatifs, mais de récepteur ERB-2 positif, et si le cancer est évolué, les anti-corps monoclonaux sont préconisés comme l’Herceptine afin de bloquer cette surexpression.
  • La chimiothérapie adjuvante (Anthracycline, FEC, 5FU…) est réservée plutôt aux femmes jeunes ayant des récepteurs hormonaux négatifs.

  • L’immunothérapie commence à trouver sa place dans cet arsenal thérapeutique, apportant de nouvelles solutions dans les situations difficiles.
  • La radiographie (50 grays) est réalisée de manière systématique sur le sein restant et les zones ganglionnaires pour nettoyer la zone de toutes cellules cancéreuses résiduelles éventuelles. Mais aussi, l’usage de la radiothérapie après la chirurgie permet d’effectuer des interventions davantage conservatrices (tumorectomie ou quadrantectomie) et évite de nombreuses mastectomies totales.

En résumé

Le traitement est adapté à chaque femme et chaque situation. Cependant, le traitement standard du cancer du sein comporte :

  • Une chimiothérapie néo-adjuvante en cas de tumeur importante.

  • Une chirurgie adaptée à la situation avec curage ganglionnaire, guidé par la technique du ganglion sentinelle.

  • Une radiothérapie sur le sein restant et sur les aires ganglionnaires.

  • Une chimiothérapie adjuvante chez la femme avant la ménopause, ou un traitement hormonal chez la femme après la ménopause. Les anti-corps monoclonaux type Herceptine sont indiqués en cas de récepteurs hormonaux négatifs mais de ERB-2 positif.

  • Une hormonothérapie (anti-oestrogènes ou anti-aromatase) à titre préventif, après la ménopause pendant 5 ans minimum si les récepteurs hormonaux sont positifs.

Luc Bodin

Bienvenue sur le site de Luc Bodin, ancien médecin, conférencier, formateur et auteur de nombreux ouvrages.

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