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Une vérité intemporelle

« La seule constante dans ce monde, c’est le changement » aurait Bouddha.

L‘inconstance est en effet la seule constante de ce monde.

Demain sera différent d’aujourd’hui et d’hier. Croire le contraire, nous placerait dans l’utopie.

La seule manière de demeurer en équilibre dans la vie est d’avancer.

Le Bouddhisme

Je ne suis pas Bouddhiste, mais je vous parlerai un peu du Bouddhisme que j’ai étudié, mais aussi côtoyè pendant plusieurs mois, lors d’une mission humanitaire que j’ai effectuée au Tibet dans les années 2000.

Le bouddhisme se situe à la frontière de la philosophie de la vie et de la religion. Il se projette jusque dans la médecine. C’est un enseignement plein de sagesses. Il nous délivre un message proche de celui des chrétiens, mais d’une manière plus positive et moins tournée sur les interdits et les fautes. Il nous rappelle les grands principes de l’existence qui sont universels.

La doctrine bouddhiste est illustrée par le cycle des existences et des réincarnations, représenté symboliquement par la « Roue de la Vie ». La conscience de chaque être humain n’aurait ni début ni fin. Et tant que l’être n’a pas reconnu ce principe et choisi le chemin de la délivrance, il est condamné à connaître une succession infinie de naissances. Ce cycle des existences est conditionné par la loi du karma qui maintient l’être dans un état de souffrance et d’insatisfaction, par opposition au Nirvâna qui est la libération de ce cycle infernal.

« Ne fais aucun mal,
Fais le bien avec obéissance,
Vide ton esprit de toi-même,
Voilà l’enseignement de Bouddha. »

Les quatre Nobles Vérités

Au cours de sa première prédication, Bouddha enseigna les « Quatre Nobles Vérités » :

  • la première vérité est la souffrance. L’existence humaine est, par son essence même, souffrance.

  • L’ignorance de notre nature véritable, l’ignorance de la véritable nature du réel, l’impermanence de la vie, l’attachement et l’avidité qui en résultent, constituent l’origine de la souffrance. C’est la deuxième vérité.

  • La troisième vérité dit que nous pouvons faire cesser la souffrance en détruisant l’attachement et l’ignorance. Car tout n’est qu’illusion.

  • Enfin la quatrième vérité nous indique que la voie pour y arriver passe par huit Vertus : la compréhension pure, la pensée pure, la parole pure, l’action pure, les moyens de vie purs, l’effort pur, l’attention pure et la concentration pure.
    Ces huit vertus peuvent être rangées en trois catégories : la moralité, la sagesse et la méditation.
    La méditation serait ainsi une bénédiction, car elle nous entraîne à la vacuité, à faire le vide de notre esprit, à faire le vide de nous-même. Car c’est cette vacuité qui est un état de non-être et de non-désir qui nous mène à la disparition de notre souffrance et au chemin de la compassion, de la compréhension et de l’illumination.

La non-connaissance de ce que nous sommes

C’est la non-connaissance de ce que l’on est, de notre véritable nature qui occasionne notre souffrance. Nous nous focalisons sur des objets et des désirs sans importance et très éloignés de nos besoins réels. Nos émotions : l’envie, le désir et la jalousie s’entretiennent sans cesse. Ils ne seront jamais satisfaits. Elles sont responsables de notre insatisfaction permanente. Il faut arriver à remplacer ces émotions par l’Amour et la Compassion : avoir de l’amour pour les autres comme s’ils étaient nos propres parents, avoir le désir de faire leur bonheur et de les rendre heureux nous rend heureux. Cet amour et cette compassion permettront de changer notre karma et d’atteindre l’éveil du Bouddha qui est en nous.

Il faut toujours garder en tête que tout change en ce bas monde, tout est impermanent et tout n’est qu’illusion. Il est donc inutile d’être dans le contrôle, dans l’attachement ou dans le désir. Il y a une légère contradiction qui n’est qu’apparente entre l’impermanence du monde sur le long terme et la permanence sur le court terme : nous avons toujours les mêmes parents, la même famille, etc. Mais tout change aussi malgré tout.

Malgré cette impermanence et le fait qu’il ne faut pas être dans le désir, nous pouvons faire des projets. Mais il ne faut pas y attacher trop d’importance : s’ils ne se réalisent pas, si cela ne marche pas, ce n’est pas très grave.

L’action de l’esprit

La meilleure attitude est la méditation associée à une pensée bonne et positive. La méditation permet de relativiser et d’aplanir les problèmes de notre vie quotidienne. Tout devient simple après une méditation. Elle permet de faire le point et de se préparer à aider les autres. Elle efface les obstacles (illusions) et facilite la vision claire des événements.

L’esprit contrôle le corps et la parole. L’esprit est formé par la pensée et les émotions. Les émotions sont souvent perturbatrices et font aller dans de mauvaises directions. La sagesse permet de savoir si nous faisons de bonnes ou de mauvaises choses, elle s’acquière par la méditation. Car la sagesse vient d’un esprit clair. Elle vient d’en haut.

Les maladies sont aggravées ou améliorées selon notre état d’esprit et nos émotions.

Nous avons obligation d’avoir une vie utile pour les autres. Il est bon d’avoir de la compassion et de rayonner la paix autour de nous.         

Les mandalas

Les mandalas sont des chefs d’œuvre de l’art tibétain. Ils sont d’une fascinante beauté. Les mandalas sont des supports d’apprentissage en rapport avec les situations de la vie et le sens de la vie. Ils peuvent être considérés comme le symbole d’un chemin d’accomplissement spirituel particulier à chaque personne, qui y projette ainsi sa réalité intérieure et y confronte son karma.

Il existe de nombreux mandalas en médecine tibétaine, qui expliquent les maladies et leurs remèdes. Il y a ainsi le mandala de la bénédiction des remèdes : la divinité centrale de ce mandala est  Amitâyus Blanc. Des rayons de lumière jaillissent du cœur de la déité, pendant que le médecin l’invoque, pour harmoniser les dissonances vibratoires du malade. Puis les remèdes sont placés dans une coupe aux pieds de la divinité Amitâyus pour y être bénis. Le médecin visualise la lumière qui jaillit de son cœur et qui se mélange à la lumière de la déité. Ces deux lumières ont la même essence. Cela a pour fonction de raccorder  aux vibrations harmonieuses d’Amitâyus, les vibrations désaccordées et impures du malade. Selon les cas, le médecin utilisera différents mantras (formules sacrées incantatoires).

Les six mondes

Depuis le cœur de la divinité, les vibrations invoquées en méditation par le médecin se répandent dans l’univers tout entier et atteignent différents Bouddhas et Bodhisattvas (candidats à la dignité de Bouddha). Tous les niveaux d’existence se trouvent dans le système thérapeutique bouddhiste. C’est pourquoi les six mondes apparaissent dans le mandala : les Dieux, les anti-dieux, les hommes, les bêtes, les esprits frustrés et enfin les maudits des enfers.

La notion de possession par les esprits et les entités fait partie intégrante de la médecine tibétaine. La chasse des démons est importante. Ils ont d’ailleurs établi une sorte de hiérarchie de ces démons : démons du haut, démons du milieu et du bas. Des prières et des mantras spécifiques peuvent en venir à bout. Des pièges à esprits pour capturer les démons sont souvent placés sur le toit des maisons.

Pendant que le médecin bénit les remèdes par la récitation d’un mantra, il invoque la toute puissance d’Amitâyus et des autres Bouddhas. Ils les attirent ici-bas pour « enrichir » les remèdes. Alors les remèdes sont bénis et dotés d’une puissance divine : ce sont les remèdes « dharmiques ».

Tous les remèdes doivent ainsi être bénis avant d’être utilisés.

L’universalité des traitements

Ce qui m’a intrigué lorsque j’ai étudié la médecine tibétaine, c’est la grande similarité entre les traitements des amshis (guérisseurs tibétains) et celles des guérisseurs de nos campagnes : utilisation des plantes, des décoctions, des emplâtres, des prières, de bénédictions, des exorcismes, des invocations aux saints, des impositions des mains et harmonisations des énergies du malade… 

Y aurait-il une certaine universalité des remèdes dans les médecines traditionnelles ?

Luc Bodin

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