Accueil » Causes et Sens » La transmission des maladies par l’épigénétique

L’épigénétique est comme un interrupteur

L’épigénétique a montré que le style de vie et les événements de la vie modifient l’expression des gènes c’est-à-dire qu’ils peuvent ouvrir ou fermer (avec tous les intermédiaires possibles entre ces deux extrêmes) certains gènes selon les situations.

Avec moins de 30.000 gènes, le génome humain est moins important que celui de certaines plantes. Ces seuls chiffres démontrent que les gènes ne suffisent pas à eux seuls à expliquer toute la complexité de l’être humain. L’hérédité est donc plus que les gènes… Elle dépendrait de l’inhibition ou de l’activation de certains gènes.

L’épigénétique correspond à un interrupteur des gènes qui serait ouvert ou fermé à des degrés divers.

De nombreux facteurs agissent sur les gènes

Le stress, la pollution et l’environnement, l’alimentation ou la famine, le tabac, les vécus personnels (chocs émotionnels et autres) ainsi que les fécondations in vitro (FIV) sont capables d’activer ou d’inhiber des gènes.

Ainsi, le stress des victimes de l’holocauste s’est transmis à leurs enfants.

De même, le stress d’une femme pendant la grossesse, va activer l’interrupteur d’un gène qui se transfèrera à l’enfant. Par exemple, le choc du 11 septembre s’est transmis aux générations suivantes.

Une étude nordique a établi que des périodes de famine vécues chez les grands parents pendant leur croissance, entraînaient des diabètes chez leurs petits enfants. Il ont aussi démontré que le mode de vie des grands parents (pollution, tabac, famine, stress) se répercute sur l’espérance de vie de leurs descendants.

Des modifications génétiques héréditaires

Les modifications génétiques se produisent essentiellement lors de la formation des ovocytes et des spermatozoïdes, c’est-à-dire chez la femme pendant sa vie intra-utérine (avant sa naissance) et chez l’homme en début de puberté.

Les études sur l’animal ont démontré que les transformations génétiques produites par les pesticides chez les femelles souris étaient transmissibles sur plusieurs générations à leurs descendants. Elles sont donc héréditaires, c’est-à-dire que l’ouverture ou la fermeture des gènes est héréditaire.

Ces modifications génétiques pourraient ainsi être capables par exemple d’induire de génération en génération des cancers de la peau, de la prostate, à cause les pesticides consommés chez la grand-mère souris.

Une explication de la psychogénéalogie ?

Cette nouvelle notion que constitue l’épigénétique, est très importante si nous tenons compte de tous les stress, polluants, drogues, tabac et alcool consommés par les jeunes et les femmes en âge de procréer. Les modifications alors engendrées mettent en cause non seulement leurs enfants mais aussi toute leur descendance… Les répercussions sont difficilement calculables.

Par ailleurs, l’épigénétique serait à rapprocher de la psychogénéalogie. Elle pourrait expliquer pourquoi certains phénomènes se retrouvent de génération en génération au sein d’une même famille.

Luc Bodin

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